Les forces de l'ordre peuvent tirer sans sommation !
Un décret paru en catimini au début de l'été autorise les forces de l'ordre à faire usage d'armes à feu en cas d'émeutes.
Le signe que le gouvernement s'apprête à lancer policiers et gendarmes à l'assaut des « zone de non-droit » ?
Ou celui qu'il se veut prêt à mater une révolte...populiste ?
Va-t-on bientôt en finir avec ces images, indignes et humiliantes, de policiers n'ayant d'autre salut que dans la fuite face à des émeutiers ayant entrepris de les caillasser ou de les lyncher – voire, comme c'est de plus en plus souvent le cas, en tirant sur eux avec des armes à feu qui n'ont rien de factice ?
Le 1er juillet – date propice à la publication de textes, qui, hors période de relâchement journalistique, feraient scandale –, un décret est paru au « Journal officiel », sous les signatures de François Fillon, premier ministre, de Gérard Longuet, ministre de la Défense, et de Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. Voilà ce qui s'y lit à l'article 3: « En application du V de l'article R 431.3 du code pénal, outre les armes à feu prévues à l'article précédent, est susceptible d'être utilisée pour le maintien de l'ordre public, à titre de riposte en cas d'ouverture du feu sur les représentants de la force publique, celle mentionnée ci-après : fusil à répétition de précision de calibre 7,62 mm et ses munitions » Fichtre !
Voilà de quoi faire des dégâts et calmer un peu plus sérieusement les ardeurs belliqueuses que les traditionnelles gazeuses lacrymogènes !
Sarkozy doit impérativement obtenir des résultants
Sur quelques blogs gauchistes, la rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre (humour): les forces de l'ordre allaient désormais pouvoir tirer à vue sur n'importe quel manifestant ! Un syndicaliste, un « sans papiers »...un enseignant, allez savoir ! Évidemment, il n'en est rien. L'ouverture du feu ne pourra se faire que dans le strict cadre de l'article 431.3 du Code pénal auquel il est fait référence, c'est-à-dire dans le cadre d'un « attroupement » - là, en effet, la notion est très vague puisque tout rassemblement de personnes sur la voie publique constitue un « attroupement » , mais à la condition que « des violences ou voie de fait [soient] exercée contre [les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper celui-ci] ou s'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu'ils occupent ». Clairement donc, ce décret donne désormais le droit aux gendarmes et policiers de tirer sur les émeutiers qui s'en prennent à eux...ou qui empêchent les forces de l'ordre de faire respecter, partout, les lois de la République !
Un bon moyen pour en finir avec les « zones de non droit » et l'annonce que, d'ici à la présidentielle de 2012 – pour laquelle Nicolas Sarkozy doit impérativement obtenir des résultants un peu sérieux en matière de sécurité –, il va y avoir de la reconquête des « territoires perdus de la République ». Quitte à ce qu'il y ait « de la casse » ? En fait, la police a déjà le droit de tirer à balles réelles sur des manifestants, et cela depuis 1935. La décision avait été prise après les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934, qui avaient fait au moins quinze morts chez les manifestants.
Le décret du 1er juillet dernier vient préciser le type d'armes que les gendarmes peuvent utiliser (ou pas) depuis que ce corps est passé, en 2009, sous le contrôle opérationnel du ministère de l'Intérieur.
Ainsi, « Maître Eolas », pseudonyme d'un avocat du barreau de Paris, dont le blog est très fréquenté, se veut-il apaisant en expliquant sur son « Journal d'avocat » : « Seules les armes figurant au décret 2011-795 et les armsixièmeeeième catégorie (matraques, triques, tonfas et grenades lacrymogènes) peuvent être employées, à l'exclusion de toute autre : pas de Famas (c'est du 5,56mm)d'hélicoptèresopères ( la question a été abordée lors des débats) pas de chars. »
Certes, et pas non plus de porte-avions Charles-De-Gaulle au large de Marseille....
On saura cet automne qui est dans le viseur....
Mais l'on notera, d'une part, que les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat sur ce très délicat sujet n'ont pas été médiatisés; d'autre part, que pouvoir est bien donné aux forces de l'ordre de faire usage de « fusil à répétition de précision » en direction d'émeutiers, et cela sans sommation ! Le texte de lois est très clair. Les sommations – au nombre de deux – ne sont pas obligatoires lorsque les forces de l'ordre « ne peuvent défendre autrement [qu'en ouvrant le feu] le terrain qu'ils occupent » et lorsque des « violences ou voies de fait » sont commises contre eux, ce qui est leur lot quotidien dans nombre de « quartiers » et de « cités ».
Il reste maintenant à voir l'application...de ce décret d'application, qui est entrée en vigueur au jour de sa parution au « Journal officiel ». Soit l'automne qui vient est planifié par l'Élysée et le ministère de l'intérieur pour être celui du passage du baratin aux actes, et, au delà des arrière-pensées électorale évidentes, on pourra enfin espérer que l'ordre règne partout en France ( après une période inévitable de tension entre les voyous et les forces de l'ordre, quel qu'en soit le coût humain du côté de la racaille). Soit nulle opération n'est déclenchée sur ce front, et il faudra alors comprendre que ce n'est pas tant la racaille que craint le pouvoir....que la révolte identitaire et sociale du peuple français.
Réponse sous peu.
Antoine Vouillazère.
- Source : Article extrait du journal Minute du mercredi 17 août 2011 – n° 2525
Nota:
A toutes personnes désireuses de faire un « copier/coller » de cet article, je les remercie de mentionner la source de ce blog.
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