Devant cette déferlante, même la Suisse aura du mal à faire de la résistance. Pour l'instant, Genève et Zurich sont les seuls aéroports européens à refuser ce dispositif destiné à « améliorer la sécurité ». Il est certain que la Suisse va, elle aussi, s'aligner sur l'Union européenne, qui devrait prochainement en préconiser l'usage. D'ailleurs, même si les deux principaux aéroports helvétiques martèlent que rien n'est fait, ils ont senti le vent tourner et planchent manifestement déjà sur l'installation de scanners qui permettent une palpation virtuelle. A Zurich, vient de révéler SonntagsBlick, on table sur 50 machines « C'est une estimation, relativise Jasmin Bodmer, porte-parole de l'aéroport. Il est trop tôt pour évoquer des détails, même si les scanners corporels sont un thème actuel ».
A Genève aussi, la réflexion avance. « Nous avons treize passages de sûreté, nous aurions donc au maximum besoin de treize scanners corporels. Mais quatre pourraient suffire », révèle Bertrand Stämpfli, porte-parole de l'aéroport. Comme sa collègue zurichoise, Bertrand Stämpfli répète qu'aucune décision n'est prise. « Mais on se renseigne, on étudie ces scanners et nous sommes loin d'être contre. Ils viendront peut être et ce pourrait même dans un avenir proche ». Une déclaration qui peut surprendre. Il y a encore quelques mois, le même aéroport de Genève affirmait ne pas vouloir de ces machines qui déshabillent...
Reste que la situation a changé. Car, pour résumer, en matière de sécurité aérienne, l'Europe décide, la Suisse reprend et les aéroports appliquent.
« Concernant les scanners corporels, nous attendons une décision européenne. Si elle tombe, ce devrait être dans les prochaines semaines. Et la Suisse reprendrait alors les mesures édictées par l'Europe, car faire cavalier seul n'aurait aucun sens » confirme Mireille Fleury, de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC). Or les experts des 27 pays membres viennent justement de discuter, à Bruxelles, de l'introduction de ces appareils. Et même s'ils n'ont rien décidé, la plupart des pays ont plaidé pour une harmonisation sachant que les grands pays se sont déjà presque tous prononcés pour. Mieux, au lendemain de la réunion, la commission s'est dite « convaincue que les scanners corporels peuvent jouer un rôle très utile comme moyen complémentaire ». Bref, tout indique que l'Union européenne va imposer les scanners corporels. Il reste à préparer les gens à cette évolution mais tous les signaux sont au vert.
On assiste donc en Europe de l'Ouest, non plus progressivement mais de plus en plus rapidement, à un phénomène déjà constaté aux Etats-Unis. A savoir que la haute technologie devient un outil coercitif pour les populations. Les activités des particuliers sont de plus en plus surveillées au non de la « guerre au terrorisme ». Le complexe militaro-industriel, l'industrie la plus important et la plus prospère des Etats-Unis, s'étend en Europe. Elle emploi des milliers de planificateurs qui planchent sur de nouveaux et meilleurs moyens, officiels ou secrets, d'anéantir les « ennemis » aussi bien indigènes qu'étrangers.
- Source : Les Brèves de LIESI - Janvier/février 2010
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