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Reynald Secher
Un historien victime de la guillotine sèche |
Un travail exceptionnel. Qui lui valut d'être félicité par certains. Mais aussi d'être littéralement lynché par d'autres. Reynal Secher attendait au moins un débat contradictoire. Il n'eut droit qu'à des invectives et à des insultes. Et à <une condamnation à la guillotine sèche. Du jour au lendemain, il devint un paria et perdit dans l'aventure sa carrière universitaire, sa maison, sa santé...
Le premier à sonner l'hallali fut un universitaire (aujourd'hui professeur émérite à Paris I-Panthéon-Sorbonne), Jean-Clément Martin, membre du comité scientifique de la Société des Etudes robespierristes. Reynal Sechel relève quelques-unes des attaques de cet « érudit » pour qui le génocide vendéen ne fut qu'une simple opération de police qui aurait dérapé, ici ou là, sous le feu de l'action.
Suivirent d'autres tenants du dogme républicain, puis de journalistes ( La Tribune, Ouest-France, Télérama, Libération etc) qui, avec plus ou moins de savoir-faire, s'ingénièrent à coller sur le dos de Secher l'étiquette qui tue : « révisionnisme »(1). Ce qui est pour le moins indécent de la part de gens qui, niant le génocide vendéen ( des dizaines de milliers de personnes exterminées non pas en raison de ce qu'elles faisaient, mais de ce qu'elles étaient), relèvent elles, à la fois du révisionnisme ( la répression en Vendée, simple mesure de police) et du négationnisme ( il n'y a pas eu de génocide).
Un autre que Reynald Secher (bientôt abandonné par ceux-là même qui lui avaient dit « Foncez, nous sommes derrière-vous »), se serait écroulé. Pas lui. Et pourtant....
– Je me retrouvais désargenté, endetté et sans source de revenus professionnels (...) Quant à ma carrière universitaire (...) elle fut définitivement brisée. J'ai postulé à plus de 20 postes jusqu'au jour où un professeur, se disant « admirateur de mes travaux », m'expliqua que je n'avais aucune chance d'être élu, mon nom et mon oeuvre étant trop marqué politiquement et idéologiquement. J'en pris acte.
Dans ce livre, incisif et dur tout à la fois, et qui démontre textes à l'appui pourquoi et comment il y eut un génocide en Vendée, Reynald Secher témoigne pour la première fois de ce qu'il eut à subir. Il n'empêche qu'aujourd'hui le génocide vendéen est en passe d'être officiellement reconnu. Un génocide « légal ». Sans doute pas le premier. Mais le premier de type moderne, proto-industriel. « avec ses deux caractéristiques, c'est-à-dire la planification et la volonté souveraine d'un peuple d'exterminer et d'anéantir une partie de lui-même ».
un implacable témoignage
pour l'Histoire.
Alain Sanders.
Journal Présent du jeudi 24 septembre 2009
(1) L'un d'entre eux téléphona même à son fils, âgé de 8 ans, pour lui demander si son père avait « un portrait d'Hitler » et s'il lui faisait faire « le salut nazi...»
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