Exclusif : Comment les Américains préparent l'épuration
des chrétiens au Kosovo.
Publiée par Wikileaks, une note de l'ambassade des États-Unis au Kosovo éclaire les violences qui ont secoué la région cet été, ainsi
que l'accord
tout juste signé entre la Serbie et l'Union Européenne.
A terme, cela pourrait débouché sur l'éradication des derniers
chrétiens serbes du Kosovo.
Une note rédigée par l'ambassadeur américain au Kosovo bien de révéler le dessous des cartes de la politique de Washington dans la région. D'après
le document publié sur Wikileaks, les Américains seraient notamment responsables des violences qui, cet été, ont mis le berceau de la nation serbe à feu et à sang !
Souvenez-vous : le 25 juillet dernier, le premier ministre Kosovar, Hashim Thaçi, décidait d'envoyer des troupes au nord du Kosovo,
zone majoritairement serbe, pour prendre le contrôle des postes douaniers et faire respecter un embargo imposé à la Serbie voisine.
Dans les faits, ils s'agissait, pour les Albanais musulmans, de soumettre la principale poche de résistance serbe orthodoxe du Kosovo. En réaction,
ces derniers ont rapidement érigé des barricades pour protéger leurs villages.
Les Albanais ont alors – et pour la première fois –, projeté leurs troupes d'élite (les « ROSA », équipées et formées par les Américains)
dans cette zone, provoquant des affrontements très violents entre forces armées kosovares et villageois serbes. D'après la revue « Blic », « les soldats albanais tiraient sur
tout ce qui bougeait ». les soldats de la KFOR (forces de l'OTAN) se sont finalement interposés entre les deux camps pour éviter un embrasement général. La Serbie a ensuite saisi le
conseil de sécurité de l'ONU afin d'organiser une réunion d'urgence sur le Kosovo.
De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le rôle joué par la KFOR dans cette éruption de violence. Au regard de la résolution 1244 de l'ONU,
concernant le maintien de la paix au Kosovo, jamais les soldats de l'OTAN n'auraient dû laisser les soldats albanais attaquer des villages de civils. Ils devaient également interdire tout
mouvement de troupe en armes. La presse serbe a vite fait ses gros titres autour du scandale : « les États-Unis et l'OTAN sont impliqués dans cette opération » ; « Rumeurs et
mensonges », répondaient les mis en cause....
Un plan depuis longtemps défini
Mais la polémique vient d'être trancher par la révélation, sur Wikileaks, du câble 10PRISTINA48.
Il s'agit d'une note rédigée par l'ambassadeur des États-Unis au Kosovo, Christopher Dell, à destination de son assistant,
Phil Gordon, préparant une rencontre destinée à convaincre un haut diplomate européen, Robert Cooper, de suivre les recommandations américaines en matière
géopolitique. Le texte de l'ambassadeur américain est sans ambiguïté : « Le temps est venu de mettre fin à des années de dérive au nord et de modifier la dynamique de partition entre le
nord et le reste du Kosovo ».
Cette note, écrite en janvier 2010, soit un an et demi avant les évènements, prouve la mise en œuvre d'un plan depuis longtemps défini par
Washington. L'extrait suivant, exposant les objectifs et les moyens d'intervention, témoigne d'une action clairement préméditée : « Pendant 10 ans, nous avons dit aux Kosovars de nous faire
confiance – « Laissez-nous gérer la situation et nous vous protégerons » – et maintenant, le gouvernement du Kosovo indépendant nous presse de dire quand nous allons donner suite à
cet engagement. L'effectif de la KFOR diminue ( dans six mois l'OTAN pourrait prendre une décision de diminuer ses forces de moitié). Nous avons besoin de prendre l'avantage […] et
d'agir tant que nous avons encore la présence d'une KFOR capable de gérer toute éventualité ».
Voilà une manière pour le moins « diplomatique » de
dire que la KFOR aurait à gérer le soulèvement des Serbes du Kosovo placés sous la botte de Pristina !
Au même titre que les troupe kosovares – non mentionnées dans le câble, mais clairement choisies pour effectuer le
« sale boulot », les forces de l'OTAN semblent donc avoir été l'un des éléments du plan américain pour faire tomber le nord du
Kosovo.
L'UE doit faire sa part
du sale boulot au service de Washington.
Dell ne se contentait d'ailleurs pas d'associer l'OTAN à ses plans. Il souhaitait également que l'Union européenne prenne part
au conflit prévu en faisant pression sur Belgrade : « Cette opération, après tout, ne peut marcher que si Bruxelles exprime clairement à Belgrade que son futur dépend d'une coopération
réelle avec le Kosovo ».
Dès lors, ce câble éclaire d'un jour nouveau les récentes négociations entre la Serbie et l'Union européenne. Et
l'on ne s'étonne plus de la déclaration d'Angela Merkel en visite à Belgrade le 23 août dernier : « Si la Serbie veut obtenir le statut de candidat à l'UE, elle doit reprendre le
dialogue avec Pristina et engranger des résultats ainsi que démanteler les structures parallèles » ( autrement dit, lâcher les Serbes du
Kosovo).
Point d'orgue de cette fiche confidentielle, l'ambassadeur des États-Unis au Kosovo avertit du risque encouru dans
la région si son plan n'était pas appliqué dans les plus brefs délais : « Je souhaite souligner l'importance de ce moment. A défaut d'agir rapidement, on perdra le nord du Kosovo
et on rouvrira la boîte de Pandore des conflits ethniques caractéristiques des années 1990 ».
Étonnante constatation, puisque c'est justement le gouvernement américain qui, à cette époque, raviva les tensions ethniques et religieuses
en soutenant l'indépendance du Kosovo, province serbe orthodoxe devenue ethniquement albanaise et musulmane.
En tout cas, le plan américain semble avoir fonctionné. Le nouveau cycle de violence qui a failli s'ouvrir à la suite de la manipulation de
Washington a débouché sur un accord signé le 3 septembre entre la Serbie et le Kosovo, sous l'égide de l'UE. L'installation des douanes kosovares au nord est désormais permise .
Belgrade est également contrainte de lâcher du lest dans son soutien aux Serbes du Kosovo. «
Pour ces populations chrétiennes, c'est une véritable trahison qui signe, à terme, leur éradication, nous dit
Marion Chevtsov, présidente de l'ONG Solidarité Kosovo. En outre, la situation actuellement calme, pourrait vite redevenir explosive, les Serbes du
nord n'étant pas disposés à disparaître sans se défendre ».
Lionnel Humbert
Article extrait du journal Minute n° 2528 -Mercredi 7 septembre 2011
image : http://monarchomaque.org/2010/07/09/kosovo1/
Derniers Commentaires